Edgard Lallali : « Quand Dominique Valéra vous dit … »

10 décembre 2020

Arrivé dans le Morbihan au début des années 2000, Edgard Lallali, qui pratique le karaté Shitô-ryu Shukokaï,  lance une section au sein du club : les Arts Martiaux du Golfe. Une section en périphérie de Vannes, qui compte plus de 35 licenciés, répartis « à égalité entre les adultes et les enfants ». Témoignage. 

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« Quand Dominique Valéra (accompagné de son jury P.Belrhiti et Y.Shimabokuro) vous dit : « Félicitations Monsieur, vous êtes reçu à l’examen du sixième Dan », c’est un soulagement et une reconnaissance du travail accompli durant toutes ces années … c’est forcément plaisant. J’ai passé mon sixième Dan l’année dernière au Japon devant Tsutomu Kamohara à Nagasaki… donc j’ai à la fois la reconnaissance de mon courant d’école et de la Fédération Française de Karaté.

Ce sixième Dan est une étape importante avec un examen qui est assez dense. On enchaine les épreuves à la suite sans qui n’y ai de véritables temps morts … il vaut mieux être bien préparé. Pour le mémoire, j’ai proposé le thème : « Bunkai Kumite ou Kata-Kumite » : Comment replacer le kata en un exercice de combat  ( pour faire plus le lien entre les deux). L’idée est de réintroduire des paramètres aléatoires du combat (timing, distance, placement,.. etc..) dans tout le déroulé du kata et ses applications de manière semi-dynamique et enchainée.

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Avec le covid-19, j’ai continué à m’entrainer tout seul le dimanche matin dans les champs ou en bord de mer. Sur la partie avec partenaire, j’étais accompagné par Yannick Dréan (3ème Dan). Nous avons eu la chance d’avoir une « fenêtre de tir » entre les deux périodes de confinement. Nous avons donc pu bien avancer. En tant que prof (titulaire du DEJEPS), j’ai eu l’autorisation de pouvoir m’entrainer au Dojo ces dernières semaines. »

Continuer tant que le corps le permettra

« Comme tous mes collègues du département, j’ai la passion du karaté donc tant que la mécanique peut durer, je continuerai. (rires). Après cette année de préparation et cet examen, je me dois avant tout de me consacrer à mes élèves.

En karaté, c’est important de suivre sa racine et son style mais il faut rester ouvert aux autres styles et pratiques car c’est grâce à eux et aux échanges que l’on apprend, que l’on s’enrichit. C’est l’état d’esprit de cette école et c’est ce que j’essaie de transmettre à mes élèves. On peut bénéficier du savoir des autres car personne ne détient la vérité finalement. »

Construire « son  karaté »

 » Le plus important c’est d’avoir du plaisir à pratiquer. Personnellement, tant comme pratiquant qu’élève, professeur et entraineur, je crois qu’il ne faut jamais oublier nos élèves dans cette réussite car c’est grâce à eux que l’on arrive à s’entrainer régulièrement, à se motiver, à progresser. Je les associe à cette réussite. On ne progresse jamais seul. D’ailleurs, la grosse frustration avec cette période Covid, c’est de ne pas pouvoir fêter cela avec eux mais aussi avec tous ceux qui m’ont soutenu dans ce parcours. Mais ce n’est que partie remise …

Edgar Lallali et Yannick Dréan (à gauche) avec leurs élèves
Edgar Lallali et Yannick Dréan (à gauche) avec leurs élèves

Des élèves me suivent depuis plusieurs années, dont certains font la route depuis Plouhinec ou Quiberon plusieurs fois par semaine … il faut donc savoir répondre aux attentes de chacun. J’ai la chance d’avoir un groupe soudé et fidèle depuis plusieurs années maintenant. Le plus jeune à 5 ans et demi, le plus âgé à 73 ans.

Enfin je tiens à souligne que nous avons la chance en Morbihan d’avoir un département qui promeut tant les pratiquants que les professeurs dans tous les niveaux et toutes les commissions, stages ou compétitions, c’est un réel plus. »  

Maxime Rannou / Freelance