Serge Cal : « Le must ? Transmettre une idée, une approche et aiguiser la curiosité »

22 avril 2021

Originaire des Hauts-de-France, Serge Cal (60 ans) a débuté les arts martiaux à l’âge de 13 ans, influencé comme beaucoup à l’époque par les films de Bruce Lee. Fondateur du Kemposhinkai, il nous retrace son parcours martial et nous explique ce qu’il souhaite transmettre lors du stage organisé par la Ligue le 25 septembre prochain.

Quand univers professionnel et pratique martiale se nourrissent

« Je suis de la génération « Bruce Lee ». Je regardais les films et c’est par ce biais que j’ai débuté les arts martiaux. J’avais 13/14 ans et il n’y avait pas de style à l’époque. On pratiquait le karaté, point. Je m’entrainais dans mon garage et c’est rapidement devenu une passion.

DSC_0730 copieA 20 ans, je suis entré dans l’administration pénitentiaire. Ce cadre et les différents postes occupés m’ont fait bourlinguer à travers la France : région parisienne, Haute-Savoie, retour dans le Nord … j’ai découvert au fil de ces déménagements beaucoup de styles de karaté. Le plus marquant a été le Kyokushinkai. C’est devenu ma base. C’est un détenu avec qui j’échangeais et qui pratiquait le Kyokushinkai qui m’a fait découvrir ce style. Je l’ai adopté pour son efficacité. Je me suis ensuite rendu en Hollande voir Jon Bluming, le responsable européen du Kyokushinkai afin d’approfondir mon apprentissage.

En tant que moniteur technique d’intervention en milieu carcéral, j’ai fait évoluer mon approche au fil du temps. Je me suis rendu compte qu’en intervention, ma pratique du karaté, seule, n’était pas assez efficace. J’ai très rapidement puisé dans le sambo et d’autres styles. Je me suis mis aussi au jiu-jitsu brésilien avec le Maitre Flavio Behring (9ème dan) car je sentais qu’il me manquait quelque chose. La aussi ça a été une révélation. Il m’a formé et m’a énormément apporté.

Pratiquer ? C’est comme un puzzle. On va chercher une pièce à droite, à gauche et l’ensemble des éléments s’imbriquent … En combat, par exemple, la liaison debout-sol-percussion est un gros travail que l’on met en place au fur et à mesure. Avec mon métier, j’étais plus dans une notion de maitrise des individus et non dans l’optique de faire mal. Le summum c’était de pouvoir maitriser une personne sans la blesser. J’ai voulu ajouter à ma pratique des éléments qui devaient être cohérents et efficaces, en lien avec mon activité professionnelle. »

Le Kemposhinkai, un combiné d’expériences

BANNIERE_PHOTO_SERGECAL« Le Kempo c’est le fruit de mon expérience en karaté, en kempo, en jiu-jitsu brésilien … j’ai combiné toutes ces approches et j’ai développé un programme. Je suis le responsable national de cette pratique au niveau de la FFK. Le kempo c’est « la loi de l’efficacité ». Attention, l’idée ce n’est pas de se « prendre pour dieu le père » et dire que « moi je pratique l’efficacité ». Non ! Quand je parle de « la loi de l’efficacité » c’est l’idée de valoriser tout ce qui est bon dans les disciplines. De faire une synthèse positive. Durant toute ma carrière, j’ai essayé d’intégrer des choses qui me semblaient pertinentes et d’éliminer d’autres que je trouvaient inutiles. C’est un cheminement.

Par ailleurs, j’invite mes élèves à pratiquer en compétition FFK : du light contact au karaté contact, du karaté mix, du kempo. On essaye d’aller dans toutes les disciplines. Dans la pratique des arts martiaux, l’adaptation est primordiale. Par le biais de la compétition, j’apprends aux jeunes à gérer leur stress, leurs émotions, c’est un gros travail sur soi-même ! Au delà du côté contact, viril de la compétition, c’est aussi pour ces jeunes une manière de travailler sur soi et d’évoluer tout au long de leur vie avec des principes.

DSC_0740Dans mes clubs, l’objectif est de proposer à « monsieur et madame tout le monde » une pratique accessible à tous. Les compétiteurs doivent s’y retrouver, bien sûr, mais ceux qui viennent pour le plaisir d’être dans une structure, un club doivent aussi s’épanouir … chacun doit progresser à son niveau. L’enseignement que je propose est basé sur mon expérience, mes rencontres, ma curiosité. J’aime que mes élèves se dépassent, qu’ils sortent de leur zone de confort. J’ai par exemple des chefs d’entreprise, des kinés, des médecins qui viennent dans mes clubs car il y a ce coté dépassement de soi qu’ils recherchent. A côté de cela j’enseigne aussi à des petits de 4 ans. Pour moi, c’est important. J’estime que c’est le public le plus difficile et c’est là où il y a le plus besoin de compétences. Je donne des cours aux enfants car il faut trouver une manière pédagogique de leur apporter des choses, de les intéresser et on doit sans cesse se remettre en cause. L’enseignement c’est aussi la capacité à s’adapter à différents publics. Un bon enseignement doit être capable de proposer des contenus aussi bien à un novice comme à un gradé … c’est ma vision des choses.

Je ne serai pas éternel. Si mes élèves peuvent continuer à enseigner avec leur vision des choses et leur sensibilité, le pari sera gagné pour moi. J’essaye de leur transmettre des bases, une vision et après ils adapteront cela avec leur propre expérience de la pratique. Rien n’est figé. Ce qui est bon aujourd’hui ne ne sera pas forcément demain et on s’adaptera, on cherchera autre chose … j’ai essayé d’inculquer cela à mes élèves en leur disant qu’ils doivent développer leur propre vision. »

Le stage à Ploërmel, « pour partager »

« Avec Gilles et Bertrand nous avons un tronc commun car nous venons tous les trois du Kyokushinkai. Personnellement, je vais apporter ma vision de la pratique. Les karatékas, les instructeurs, peu importe leur niveau, doivent découvrir d’autres pratiques, exercer avec différents professeurs car chacun apporte sa vision, son propre savoir-faire. C’est ce qui fait la richesse de nos arts martiaux. 

A Ploërmel, en très peu de temps, l’idée va être d’amener aux stagiaires des techniques simples (« manière de frapper, de percuter, d’appréhender les notions de distance ») mais aussi de faire découvrir des liaisons sur du travail « percussion-saisie-travail au sol » par exemple. Sans aucune prétention, je vais essayer de faire découvrir des curiosités, des choses dans d’autres disciplines ou univers.

Il faut qu’une personne qui vienne à ce stage puisse avoir l’envie de repartir avec un souvenir, une idée, quelque chose qu’il va intégrer dans sa pratique, une certaine philosophie. Si on parvient à ce résultat avec Gilles et Bertrand, ça serait le must ! »

LES INFORMATIONS SUR LE STAGE

  • Samedi 25 septembre 2021 (Attention nouvelle date) 
  • Pré inscription par mail : directeur.technique@liguebretagnekarate.fr
  • Informations au 06 08 94 89 13
  • Tarif : 20 euros (paiement sur place)
  • Ouvert à tous les licenciés FFK (saison 2021/2022)