Le grand jour approche. C’est samedi. Ca passe ou ça casse. C’est le TQO, le tournoi de qualification olympique (11-13 juin) à Coubertin. Jonathan Maruani, licencié au Budokan d’Orléans, sera le représentant français en Kata.
Ils seront 48, dont l’Allemand Smorguner, l’Azerbaïdjanais Heydarov, l’Américain Torres Gutierrez, le Koweiti Almosawi, le Suisse Ujihara. Seulement 3 partiront aux JO. Jonathan Maruani a sa carte à jouer.
Nous sommes à 3 jours du grand rendez-vous. La pression monte…
Ah oui, oui, oui. Elle monte, mais positivement avec beaucoup de plaisir. L’entraînement se déroule bien. J’essaie de me mettre dans des situations et des contextes défavorables pour me retrouver comme en compétition. Pour le moment, j’arrive à me libérer. J’espère que j’arriverai à retranscrire samedi ce que je fais à l’entraînement.
Comment occupes-tu les jours qui précèdent la compétition ?
J’ai demandé à Ayoub (Neghliz, l’entraîneur national) de faire un entraînement par jour avec les grands principes que l’on a mis en place. Lundi, j’ai fait des découpes très courtes. Mardi, j’ai fait des demi-katas. Aujourd’hui (mercredi), j’effectue des katas en entier. Jeudi, je redescends : demi-kata et découpes pour finir vendredi avec que de la sensation.
Le reste du temps, je me balade, je passe voir les collègues à la fédé. Cela me permet de me distraire et de sortir du contexte compétition.
Je reste quand même sur une expérience au préalable assez longue (2003-2013). J’ai l’habitude de gérer les pré-compétitions, même si je n’ai pas eu d’énormes tournois à gérer depuis ma reprise, seulement 4.
Aux Championnats d’Europe, on t’a quitté déçu. Comment t’es-tu remis sur les rails psychologiquement ?
J’étais déçu parce que je suis un compétiteur mais mon objectif reste la qualification olympique. C’est samedi soir que je pourrais être déçu ou heureux (il rit). Je suis suivi par un préparateur mental. On met en place des outils, des restrictions qui vont me permettre le jour J, sur le one shot de mon kata, de pouvoir me dépasser. Je trouve ça bien. Dans l’ancienne génération, la mienne, la préparation mentale, c’était pour les faibles. J’ai mis cette évolution en place et je me sens bien. J’en avais besoin pour préparer ce genre de compétition. On parle des Jeux olympiques !
Ta stratégie est-elle définie ou vas-tu l’adapter au fil de tes sensations de samedi ?
J’ai 5 katas. Un se profile pour le 1er tour. Après, je n’ai pas de stratégie. Je laisse Ayoub gérer cela. J’ai totalement confiance en lui. C’est lui qui choisira en fonction de mes sensations. J’ai des Katas à sauts, des katas dynamiques qui sont sur le bas du corps et sur la précision des rotations, comme Suparinpei. Si je sens que je peux lâcher du saut dès le 2e tour, je peux faire un Kanku Sho ou un Unsu. Cela va dépendre de la façon dont Ayoub va me sentir sur le bas du corps.
Le TQO se déroule à Coubertin. Tu connais bien… Par contre, ce sera sans public…
Oui, c’est fou parce que Coubertin, c’est mon histoire depuis tout petit. Coubertin, c’est ma 1ère compétition nationale, ma 1ère sélection internationale, mon 1er podium international, mon 1er titre de champion de France. Avec ou sans public, quoiqu’il arrive, ce gymnase est mythique dans mon histoire.
Après, ce ne sera pas la même ambiance et la même approche sans public. Cela aurait pu me porter à un certain moment, pour la médaille par exemple, comme à Bercy en 2012. Mais je ne m’appuie pas là-dessus, sur les forces extérieures.
Apprécies-tu le format de compétition ?
Le matin, c’est le nouveau règlement, ce sont des passages à la note, les arbitres sont loin, on a l’impression d’être au Dojo. Moi, j’ai toujours aimé la confrontation. Donc, le soir, sans me projeter, je m’y retrouverai plus avec des battles. J’adore ! Je suis un compétiteur. J’ai toujours été un hargneux. Je veux battre l’autre. Le matin, c’est plus une bagarre contre soi-même avec des notes individuelles. Le soir, cela va être de la battle et le dernier des 4 ne part pas aux Jeux. Là, il va y avoir de la bagarre ! Je rêve – c’est mon objectif – de faire cette fin de compétition le soir.

